Le remède à la charge mentale et au choc du futur
Avez-vous ressenti cette micro-angoisse qui nous saisit lorsqu’une nouvelle alerte surgit pour le travail ? En tant qu’entrepreneure, notre clientèle communique de plus en plus par texto et par les réseaux sociaux. Pour d’autres, les notifications viennent de Teams, Trello, Wimi en plus des réseaux sociaux….
C’est la valse infernale des notifications qui ne cesse de s’accélérer : un texto, un message Teams, une alerte Trello… souvent, tout ça en même temps. Nous sentons le stress monter, et pour certains, des sueurs froides nous envahissent.

Pensez-y : Il y a seulement quinze ans, avant les téléphones intelligents, notre communication était simple et notre temps beaucoup moins parasité par ces « blip » et ces « bzzz ».
L’optimisation, oui… mais à quel prix ? Nous pensions dompter le temps avec ces outils… Sommes-nous devenus les serviteurs silencieux de nos propres machines ?
Quand la charge mentale déborde
La véritable goutte qui a fait déborder le vase de la charge mentale fut l’arrivée des messages vocaux sur Messenger, WhatsApp et Instagram. L’impossibilité de lire rapidement l’information déclenche immédiatement ce tourbillon de questions : « Est-ce urgent ? »
Le coût réel de cette agitation est notre bien être. Nous avons cette impression terrifiante que notre journée nous file entre les doigts, emportée par le courant de l’instant. Nous sommes pris au piège de l’urgence.
C’est le grand paradoxe de notre époque : nous avons inventé des outils pour gagner du temps, et nous n’en avons jamais eu aussi peu. Il est urgent de reprendre les manettes de nos vies.
Le choc du futur
Le monde dans lequel nous vivons est une force en constante accélération. Parfois, cela nous submerge, nous laissant avec un sentiment de désorientation et de stress mental. Ce n’est pas une simple fatigue passagère, c’est ce que l’écrivain et futurologue Alvin Toffler a appelé le choc du futur : un état d’épuisement psychologique causé par un changement technologique et social si rapide qu’il dépasse notre capacité à nous y adapter.
Cette analyse de Toffler, formulée en 1970, est plus pertinente que jamais. L’internet, les téléphones et l’intelligence artificielle ont amplifié le choc du futur, faisant de notre quotidien un torrent d’informations et de stimuli constants. Loin d’être une simple théorie, le choc du futur se manifeste dans nos vies par des symptômes que nous ressentons tous et que nous pouvons apprendre à reconnaître.
La situation est d’autant plus critique pour les jeunes parents et les aide-soignants dont la charge mentale est déjà immense, car leur attention, déjà fragmentée entre les besoins des autres et l’urgence quotidienne, est sans cesse sollicitée par un monde numérique qui exige toujours plus.
Comprendre les symptômes du choc du futur
Comment savoir si nous vivons le choc du futur ? Les signes sont subtils, mais profonds. Souvent, nous nous heurtons à trois obstacles :
- L’accélération et chaos intérieur : Notre cerveau, conçu pour gérer un flux lent, est assailli par une surcharge d’informations constante. Imaginez-vous un tuyau qui coule sans cesse : c’est notre esprit inondé. Il devient presque impossible de penser clairement.
- La fatigue décisionnelle : Autrefois, choisir un film était simple. Aujourd’hui, les options sont infinies, drainant notre énergie pour de micro-décisions. Quand vient le moment de prendre une vraie décision de vie, nous sommes déjà trop épuisés pour agir.
- L’obsolescence chronique : Nos outils sont obsolètes demain, nos compétences ont une durée de vie limitée. Ce manque de stabilité nous laisse souvent un profond sentiment d’insécurité et de stress chronique.
Niksen : l’art de faire une pause dans l’accélération
Face à cette accélération constante, la solution pourrait sembler être de s’agiter encore plus, de devenir encore plus productifs et de mieux gérer notre temps. Pourtant une approche radicalement opposée pourrait bien être la réponse que nous cherchons. C’est ici qu’intervient le concept néerlandais du niksen.
Le niksen est souvent traduit par « ne rien faire », mais cette simplicité est trompeuse. Ce n’est pas de la paresse. Il ne s’agit pas de regarder passivement une émission ou de défiler sans fin sur un téléphone. C’est l’acte conscient et volontaire de s’arrêter, de ne pas avoir de but, de laisser son esprit vagabonder. Il n’y a pas de tâche à accomplir, pas d’objectif à atteindre, pas de résultat à mesurer.
Le niksen est un refuge, un espace où nous pouvons respirer et nous reconnecter à notre propre rythme intérieur, loin du bruit et de la fureur du monde extérieur. En cultivant cette pratique, nous nous nous donnons la permission d’être simplement.
Car prendre le temps nous donne plus de temps. Le fait de s’arrêter permet de prendre du recul. Au lieu de réagir passivement à toutes les demandes (le « torrent de stimuli »), nous identifions nos besoins pour évaluer ce qui est réellement important. Cette clarté permet de dire « non » aux sollicitations superflues, libérant ainsi des heures précieuses.
Ce temps de pause n’est pas un luxe, mais une stratégie de gestion de l’énergie qui maximise le temps disponible pour ce qui compte vraiment.
stratégies pour danser avec le chaos
L’harmonie n’est pas l’absence de chaos. Apprenons donc à danser avec lui. Pour nous aider à nous ancrer au milieu de ce tourbillon, voici quelques stratégies simples:
Établir des frontières numériques
L’accélération numérique est un choix, pas une fatalité. Pourquoi pas définir des moments de déconnexion et choisir comment rester connectés avec intention ? C’est un acte de souveraineté personnelle. Pour y parvenir, nous pouvons créer de nouvelles habitudes : ranger le téléphone pendant les repas, éviter les écrans une heure avant de se coucher ou prendre quelques journées par semaine sans notifications. Chaque fois que nous nous déconnectons, nous nous offrons un cadeau précieux : le temps de respirer.
Cultiver le slow living
Au lieu de courir après la productivité, privilégions la qualité sur la quantité. Prenons le temps de faire les choses. Savourons un moment avec un proche sans regarder l’heure, faisons une promenade sans but en observant le monde autour de soi, ou passons du temps à ne faire qu’une seule activité à la fois. Le slow living n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Ancrer la stabilité en soi
Le monde extérieur changera toujours, ceci dit, notre plus grande force réside dans notre capacité à nous ancrer intérieurement. Nous ne pouvons pas contrôler le futur, mais nous pouvons créer un havre de paix en nous-mêmes. Concentrons-nous sur des rituels qui nous apaisent et qui ne dépendent pas de la technologie : le jardinage, une promenade en nature, l’écoute d’une musique qui nous fait vibrer. Ce sont ces rituels qui, petit à petit, construisent en nous une stabilité inébranlable.
Le choc du futur est une réalité que nous ne pouvons ignorer. Nous ne sommes pas impuissants face à lui. Nous pouvons choisir de ne pas nous laisser emporter par le courant, plutôt de surfer les vagues en pleine conscience.
Quelle est la première micro-action que vous choisissez de mettre en pratique pour retrouver un peu de votre équilibre ?
Mitsiko Miller, 25 octobre 2025
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