Marre du stress ? Apprenez à prioriser

Ah, le stress ! On le croise au détour d’une conversation, on l’évoque en soupirant « Je suis tellement stressé ! », et pourtant, sa présence dans nos vies est souvent sous-estimée, voire carrément ignorée. C’est un peu comme cette chaussette orpheline que personne ne réclame, mais qui finit toujours par refaire surface au moment le moins opportun.

Alors, c’est quoi, le stress, au juste ? Si l’on en croit le Larousse, c’est un « état réactionnel de l’organisme soumis à une agression brusque ». Gemini, notre ami virtuel, y va de sa propre définition : une « réaction naturelle de l’organisme face à une situation perçue comme difficile, menaçante ou exigeante ». En gros, c’est quand nous sursautons comme si notre vie en dépendait lorsque nous entendons une sonnerie de téléphone.

Cette réaction, souvent surnommée la fameuse « réaction d’attaque ou de fuite », a ses racines bien profondes dans notre système nerveux, le système sympathique pour être précis. C’est lui qui, tel un chef d’orchestre parfois un peu trop zélé, déclenche une avalanche d’hormones comme l’adrénaline (parfait pour vous faire sauter au plafond quand le grille-pain fume) et le cortisol. Résultat ? Votre cœur fait la samba, votre pression sanguine s’envole, et vos muscles se transforment en béton armé. Idéal pour fuir un mammouth, moins pour une rencontre avec un inconnu.

Normalement, cette alerte rouge est de courte durée. Le mammouth s’éloigne, la rencontre se termine, et tout rentre dans l’ordre. Les hormones reprennent leurs valises et s’en vont. Mais que se passe-t-il quand le mammouth reste planté devant votre porte, jour après jour, que la rencontre ne finit jamais, et que le jingle du téléphone ne s’arrête plus ? C’est là qu’on entre dans le monde merveilleux du stress chronique.  Bienvenue en enfer !

Si le stress de courte durée peut vous donner le petit coup de fouet nécessaire pour finir ce rapport avant la date limite (et vous faire sentir comme un super-héros… pendant cinq minutes), le stress de longue durée, lui, est un véritable saboteur. Il transforme votre organisme en une machine dysfonctionnelle : bonjour les troubles digestifs, les insomnies, et un système immunitaire qui flanche. En bref, vous passez du mode « super-héros » au mode « zombie fatigué ».

Dans un monde idéal, nos sources de stress seraient aussi rares que les journées sans pluie à Montréal en avril. Mais hélas, le monde moderne… quel blagueur ! Il est devenu un festival de facteurs stressants, souvent multiples et continus. 

Par choix (oui, c’est vous qui avez dit « oui » à ce nouveau forfait données illimitées) ou par contrainte, nous sommes munis de gadgets qui nous connectent en permanence, nous plongeant dans un flux incessant d’informations. 

Ça crée un sentiment d’urgence, la fameuse « peur de manquer quelque chose » (FOMO), ce qui nous fait consulter nos téléphones toutes les deux minutes comme si la survie de l’humanité en dépendait. Et comme si ce n’était pas suffisant, la performance, la compétition et le perfectionnisme sont devenus les mantras sacrés, au bureau comme à la maison.

J’ai lu cette semaine un article rigolo (enfin, pas pour Catherine) sur l’application Strava qui permet aux coureurs d’enregistrer leurs performances et de se rencontrer virtuellement sur un réseau social. Il y était question de Catherine, qui culpabilisait à mort quand elle voyait ses amis courir plus longtemps qu’elle. Au début, Catherine était probablement folle de joie de découvrir Strava : sentiment d’appartenance, motivation pour se bouger… Mais il est fort possible que Catherine n’était pas pleinement consciente du malaise sournois que cette même application lui apportait. Et ça, ce n’est qu’un minuscule exemple de la myriade de sources de stress qui s’invitent incognito dans nos vies.

Alors, prenez un moment. Asseyez-vous. Et essayez de faire l’inventaire de toutes ces petites (ou grosses) sources de stress qui dansent la gigue dans votre quotidien. Vous pourriez être surpris de leur nombre et de leur persistance. La bonne nouvelle, la vraie bonne nouvelle, c’est que beaucoup d’entre elles ne sont pas gravées dans le marbre. 

Il est souvent possible de faire des choix et de réajuster le tir pour transformer notre environnement en un lieu plus sain et équilibré pour nous. C’est le moment de dire « Non, merci ! » à cette chaussette orpheline et de reprendre le contrôle de votre tiroir à stress !

mini-exercice anti-stress

Voici un exercice simple pour y voir clair et reprendre les rênes.

Étape 1 : La pause consciente

La respiration consciente active le système nerveux parasympathique, ce qui calme le rythme cardiaque et réduit le stress. Une fois le calme rétabli, le cortex préfrontal, responsable du raisonnement et de la prise de décision, peut de nouveau fonctionner de manière optimale, vous permettant de réfléchir clairement au lieu de réagir impulsivement. Prenez dix grandes respirations profondes : inspirez lentement par le nez, sentez votre ventre se gonfler, puis expirez doucement. Relâchez la tension à chaque expiration.

Étape 2 : L’inventaire des sources de stress

Notez toutes les sources de stress que vous identifiez dans votre vie : au travail, dans votre vie personnelle, votre environnement, Notez aussi vos mécanismes d’adaptation tels que le perfectionnisme, l’auto-critique, la tendance au contrôle, ou la peur de manquer quelque chose (FOMO) qui vous rendent encore plus stressé.

Relisez votre liste. Pour chaque élément, posez-vous la question suivante : Est-ce que je peux faire quelque chose pour changer ou réduire cette source de stress ? Par exemple :

  • Délai serré au travail : NON, mais je peux changer mon mindset ou ma réaction
  • Trop de notifications sur mon téléphone : OUI, je peux les désactiver.
  • Culpabilité à cause de Strava : OUI, je peux ajuster mes réglages, ou faire une pause de l’appli
  • Mon voisin qui fait du bruit : NON, je ne peux pas le contrôler directement, mais je peux gérer ma réaction, trouver des solutions comme des bouchons d’oreille ou lui parler.

Concentrez-vous d’abord sur les éléments pour lesquels vous avez écrit « OUI ». Choisissez 1 à 3 sources de stress et pour chacune d’elles, écrivez une action concrète et réalisable que vous pouvez entreprendre. Par exemple :

  • « Désactiver toutes les notifications non essentielles sur mon téléphone après 18h. »
  • « Parler à mon patron pour déléguer une tâche précise. »
  • « Prendre 5 minutes chaque jour pour respirer profondément avant de commencer le travail. »
  • « Me désabonner des newsletters qui ne m’apportent rien. »
  • « Prendre un jour sans réseaux sociaux. »
La clé : Le pouvoir du choix

Ce que cet exercice de priorisation révèle, c’est que même si le stress semble envahissant, une grande partie est sous votre contrôle. En prenant conscience, en faisant le tri et en agissant sur ce qui est modifiable, vous ne vous contentez plus de subir. Vous reprenez la barre de votre vie et transformez activement votre environnement pour un mieux-être.

Alors, prêt à dire « Non, merci ! » à cette chaussette orpheline et à reprendre le contrôle de votre tiroir à stress ?

Serge Giguère, 19 septembre 2025


Cultiver l’harmonie en soi et avec les autres


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